Que voilà un grand ministère « réarmé » !

Le gouvernement principalement concocté par l’Elysée via Matignon a élargi le portefeuille d’Amélie Oudéa-Castéra qui est devenue ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse, des sports et des jeux olympiques et paralympiques. Le SNPJS-CGT note que cette réunion du périmètre ministériel englobant le scolaire, le périscolaire et l’extrascolaire rejoint de facto son mandat syndical consistant à reconnaître dans l’appareil d’Etat un grand pôle interministériel éducatif. L’histoire du service public jeunesse et sports a toujours porté le principe d’articuler les politiques publiques et laïques consacrées au temps scolaire en les combinant avec l’éducation tout au long de la vie et les démarches d’éducation populaire et le sport pour toutes et tous.

Encore faut-il que cet intitulé ne soit pas d’affichage et qu’il préserve bien trois entités ministérielles éducatrices distinctes, ayant chacune sa pertinence dans la construction des savoirs et des citoyennetés : celle du premier et du second degré, de l’enseignement supérieur et de la recherche, et celle hors temps scolaire de la jeunesse et des sports. Cet intitulé pour être positif ne doit pas assembler pour faire disparaître. Il doit réunir non pas pour « réarmer » le service public éducatif mais pour le rendre encore et toujours plus efficient, au service de l’émancipation individuelle et collective, pour que la République soit éducative.

Pour cela une première déclaration politique publique se devrait d’éviter de porter le moindre discrédit sur le service public d’éducation en lui opposant les vertus d’un enseignement privé sous contrat épinglé par l’inspection générale du ministère qui désormais englobe celle de la jeunesse et des sports…

Avec un soutien présidentiel affirmé madame la ministre va devoir généraliser le service national universel à toute une classe d’âge – aux seuls enfants de nationalité française – en classe de seconde. Douze jours en « mode » caserne réussiront-ils à illustrer la dixième satire de Juvenal : Mens sana in corpore sano ? Cette phase de conscription sous uniforme complètera-t-elle avec harmonie le cursus moral et civique dispensé à l’Ecole et par des personnels dont c’est la mission ? Cette généralisation, qui dénature le service public de la jeunesse et des sports en le renvoyant à une fonction martiale d’encadrement, ne va-t-elle pas générer des objections de tous ordres de jeunes comme de leurs parents ?

Le SNPJS-CGT aurait espéré que l’éducation populaire ne soit pas invoquée quand on croit sincèrement éduquer et libérer alors qu’on formate à l’esprit cadencé.

La ministre va devoir expérimenter dans une centaine d’établissements le port de l’uniforme pour effacer les classes sociales et les signes extérieurs au nom de la lutte contre les séparatismes, pour le rétablissement de l’autorité. L’uniformisation est-elle le grand dessein d’une éducation qui croit en l’unisson ?

Le SNPJS-CGT ne fera pas le procès à la ministre d’avoir un ministère trop grand et à mi -temps mais à la veille des jeux olympiques il se demande bien quelles breloques peuvent récompenser une telle orientation éducatrice.

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