Ce 5 octobre était une journée de mobilisation interprofessionnelle à l’appel des organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNEF et UNL pour les salaires, les emplois, les conditions de travail et d’études. Dans le public, comme dans le privé, nous avons tous et toutes des raisons de nous mobiliser pour exiger l’abandon de la contre-réforme des retraites et l’augmentation des salaires.
Retraites : quand le gouvernement menace de jouer avec le feu
A désormais quelques mois de la présidentielle, le gouvernement menace de rouvrir le dossier de la réforme des retraites qu’il avait été contraint d’abandonner du fait de la crise sanitaire. Emmanuel Macron avait dit en juillet qu’il ne rouvrirait le dossier que lorsque les conditions sanitaires le permettraient : « Je ne lancerai pas cette réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée ». Or au moment où les indicateurs sanitaires s’améliorent, une réunion de travail réunissant plusieurs ministres s’est tenue mardi 21 septembre à l’Elysée pour parler, notamment, de ce projet de réforme. Pourtant la mobilisation énorme de décembre 2019 à mars 2020 a bien démontré le rejet massif de ce projet.
C’est donc le moment de redire notre opposition à cette réforme injuste qui conduirait à une baisse généralisée des pensions !
Retrouvez ce que nous avions écrit lors de la mobilisation de l’hiver 2019-2020 sur le projet de réforme :
- Quelques réponses à des idées reçues sur la réforme
- Analyse par le collectif INSEE sur le système de retraites par répartition
Gel du point d’indice : les salaires ne stagnent plus, ils baissent…
Le point d’indice est désormais bloqué depuis plus de 10 ans ! Parallèlement le coût de la vie augmente et la perte de pouvoir d’achat pour les fonctionnaires s’élève aujourd’hui à -8,27%. Ainsi les calculs de l’UFSE-CGT documentent une perte mensuelle brute de 181€ en catégorie C (ADJAENES P1 10e échelon), 207€ en catégorie B (SAENES classe sup 13e échelon) et 309€ en catégorie A (attaché principal 9ème échelon). Non seulement le gouvernement n’envisage pas de dégel du point d’indice… mais il a même annoncé lors des dernières négociations à réfléchir à un nouveau système de progression des salaires qui ne serait plus calculé sur le point d’indice : autant dire que nous risquons d’aller vers toujours plus d’individualisation des salaires et toujours plus d’inégalités !
Les rémunérations sont désormais si basses en catégorie C que les salaires d’entrée de carrière se retrouvent sous le salaire minimum du secteur privé ! Suite à la dernière revalorisation du SMIC, la ministre de la fonction publique a dû faire adopter en urgence un mécanisme garantissant au 1er octobre des salaires en catégorie C a minima au niveau du SMIC. En réalité c’est l’ensemble des grilles de la catégorie C qu’il faudrait revoir, pour garantir des salaires décents… mais aussi l’ensemble des grilles qu’il faudrait revaloriser !
Grenelle de l’éducation : un vaste enfumage
Jean-Michel Blanquer a vendu comme historiques les revalorisations proposées pour la filière administrative dans le protocole d’accord de septembre 2021 que la CGT n’a pas signé. Le ministère affiche fièrement un budget de 21,8 M€ pour la revalorisation indemnitaire de la filière administrative pour l’année 2021. Rapportée au 50 000 personnels, l’augmentation est de 38€ bruts par mois ! Ce plan annonce une convergence interministérielle des niveaux de primes (les primes sont bien meilleures dans les autres ministères), revalorisation des minimas de gestion, réduction des abattements pour les personnels logés : autrement dit la revalorisation n’est qu’indemnitaire et les moyens alloués sont très en-deçà des besoins ! Pour ce qui est des créations de postes, là encore, le compte n’y est pas ! Entre 2003 et 2020, la filière administrative a perdu + de 20 000 postes au niveau national, passant de 69 638 à 49 470 emplois soit une perte de 29 % de ses effectifs. Cette mise en perspective est nécessaire pour apprécier les annonces de créations de postes : 471 en 2022, il faudrait donc poursuivre ce plan pendant + de 40 ans pour reconstituer les effectifs de 2003 et 471 postes ne représentent jamais qu’une moyenne de 16 postes par académie !
La jeunesse et les sports sont les grands absents de ce « Grenelle » alors même que ces agents viennent de rejoindre en masse le périmètre de gestion de l’Education nationale. En 20 ans, les effectifs « jeunesse et sports » ont fondu de moitié. Les politiques néo-libérales successives ont invisibilisé l’action et les services, les ont éloignés des publics et du terrain. Pire, elles ont permis aux intérêts privés, dont la perméabilité avec l’exécutif relève de l’évidence, de capter des pans entiers de sa capacité d’action. En témoigne la création de l’Agence nationale du sport qui favorise les intérêts privés au détriment de l’intérêt général sans aucune plus-value pour les usagers. Alors que les missions exercées par les agent-e-s en centrale et au sein de territoires sont essentiels à la cohésion sociale, les salaires et les carrières sont au point mort.