« Pour les salariés et les services publics il n’y a rien de pire que l’économie de guerre ». (Sophie Binet)
Le monde est devenu fou. L’alliance de l’extrême droite et des milliardaires permet à l’extrême droite de disposer d’un accès aux médias que tiennent les milliardaires. La force remplace le droit et la diplomatie. Et les autodafés commencent. Des mots sont bannis. Les tronçonneuses et les haches s’activent contre les fonctionnaires. Les négationnistes sont invités en Israël. Les marchands d’armes sont prêts. Ils le sont toujours. Il suffit de signer les bons de commandes. Il n’y a pas d’argent pour les hôpitaux, mais les déficits sont possible pour les canons.
Notre ministère, il faut le rappeler a été façonné par le « plus jamais ça » d’après la guerre, d’après le nazisme, d’après les camps de la mort. Nos prédécesseurs dans ce ministère avaient la conviction que puisque la guerre avait été faite par des gens très cultivés, qui avaient fait des écoles, qui parlaient le grec et le latin, allaient à l’opéra, l’instruction ne suffisait pas. Il fallait une éducation civique, citoyenne, critique, bref une éducation politique. Dans les circonstances de l’union nationale de la Libération, on disait culture populaire, puis éducation populaire. Nos voisins et amis wallon parlent d’éducation permanente au service de la démocratie.
C’est une éducation à la Paix que voulaient les fondateurs du ministère. Le 1984 de George Orwell résonne en 2025 : « la guerre c’est la paix ».
Le président nous dit : « j’aurai dans les prochaines semaines à annoncer une refonte de ce dispositif [SNU] pour qu’il corresponde aux besoins de la nation et aux priorités que nous avons identifiées ».
On trahit toutes les ambitions du ministère jeunesse et sports en le trempant dans l’infâme potage du réarmement, qu’il soit moral, civique, démographique etc.
Ça suffit. Le SNU doit s’arrêter. Il corrompt le sens du travail des services, il détourne des moyens, il instrumentalise des associations et leurs salariés. Il formate la jeunesse, il ne l’éduque pas. Stop. On arrête.
Nous avons rencontré la semaine dernière la ministre qui nous a dit que les crédits du SNU allaient être orientés vers des colos dont la coloration pourrait être celle des valeurs de la république. Deux jours plus tard, nous découvrons l’interview du président. La refonte annoncée est un surplace.
Nous avons dit à la ministre que le nouveau dispositif devait sortir du code du service national. Nous en sommes loin.
« Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage » disait Jaurès. Et la guerre porte les reculs sociaux. Pas de retour à 62 ans pour l’age de départ en retraite, pas d’augmentation des impôts pour les plus riches, mais plus de travail gratuit et plus de profits pour quelques uns. Donc, plus d’austérité encore.
Les points ajoutés à notre ordre du jour initial sont donc d’importance. L’austérité est déjà là dans les services. Un budget a été adopté, mais les délégations de crédits dans les services ne sont pas connues. Le premier ministre l’a dit ce dimanche, on gèle des crédits. Alors dans les services on ne se déplace plus, on ne travaille plus qu’en visio avec les partenaires, on ne peut même plus organiser une réunion de jury en présentiel, plus vraiment de déplacement, quant aux formations continues, rien, plus rien ! Les établissements n’ont reçu que 25 % de leur dotation ce qui laisse supposer que le gel des crédits concerne y compris les salaires.
Les commission FDVA examinent des demandes, mais ne connaissent pas leur enveloppe.
Et l’on veut nous faire croire que c’est parce que nous étions naïfs, assoupis dans un mode de pensée et de vie.
Non, les syndicats ont alerté sur les conséquences des choix économiques, industriels, écologiques et politiques. Sous les yeux (de Chimène) de l’extrême centre s’organisait les collusions de l’argent et des extrêmes droites.
Aujourd’hui il nous faut l’humour de Boris Vian pour survivre.
Téléchargez la déclaration préalable du SNPJS-CGT.